K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène
Musée Guimet
du 18 mars au 6 juillet 2026
La beauté du soft power
Dans le cadre de la célébration des 140 ans du traité d’amitié entre la France et la Corée, le Musée Guimet propose une immersion dans l’univers de la K-Beauty, inscrite dans la vague coréenne, le Hallyu, aux côtés de la K-pop, des K-dramas et de la K-food. Cette identité visuelle s’exprime aussi bien dans la publicité que dans les productions audiovisuelles, l’art ou encore la mode.
Phénomène de mondialisation, cette exposition en explore les origines ainsi que les évolutions historiques, culturelles et économiques. La K-Beauty trouve ses racines à la fin de l’ère Joseon (fin du XVIIIe – début du XXe siècle). Que découvre-t-on ? Des instruments de beauté, des objets liés à la pharmacopée, des contenants, des peintures et des costumes. L’exposition rassemble des pièces de grande valeur issues de musées coréens et internationaux, ainsi que des collections du Musée Guimet. Elles témoignent à la fois de la permanence de certains modèles sur plus de 300 ans et de leur évolution jusqu’à aujourd’hui.
Dès le XVe siècle, sous l’influence du confucianisme, les manuels d’éducation destinés aux femmes de cour abordent la beauté, étroitement associée à la vertu, à la pudeur et au respect des convenances. Santé, hygiène et cosmétique sont alors indissociables : des ouvrages médicaux, tels que le Donguibogam, en traitent déjà. La chevelure, dont le soin et la coiffure varient selon l’âge et le statut social, fait l’objet d’une attention particulière.
La beauté donne ainsi lieu à un véritable art du soin, structuré en routines composées de plusieurs étapes, où la peau et les cheveux occupent une place centrale. De nombreux objets précieux accompagnent ces pratiques. Celles-ci, toilette, coiffure, habillement ou encore art du parfum, concernent aussi bien les femmes que les hommes. Cependant, ces normes parfois contraignantes, ces injonctions, peuvent conduire à certains excès, au point que le recours à la chirurgie esthétique tend à se banaliser.
L’histoire et l’évolution de la K-Beauty sont intimement liées à celles de la Corée et à son développement économique et politique, notamment à partir des Jeux olympiques de 1988, qui marquent une volonté d’ouverture et de rayonnement international. Le Hallyu s’inscrit dans cette dynamique. Sous l’influence occidentale, américaine et japonaise, les pratiques évoluent et favorisent l’essor d’une industrie florissante dès les années 1960, parallèlement à la croissance de la Corée du Sud.
Ce courant, qui mêle références patrimoniales et codes occidentaux, sera-t-il une mode passagère en France ? Quoi qu’il en soit, cette exposition apporte un éclairage précieux sur un phénomène culturel majeur et nous fait découvrir des pièces particulièrement raffinées.